Une étude transatlantique a dévoilé un phénomène contre-intuitif : les individus les plus honnêtes et humbles évitent souvent les chemins politiques. En s’appuyant sur des données de 12 pays, les chercheurs ont découvert que l’ambition, le narcissisme ou la compétence ne se combinent pas pour accéder au pouvoir.
L’enquête, incluant plus de 207 000 participants en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, montre que les candidats politiques sont souvent caractérisés par une forte assurance et un profil extraverti. En Suisse, ce phénomène est particulièrement marqué : les profils présentant davantage de coopération et de bienveillance bénéficient nettement plus d’un accès aux postes décisionnels.
Au contraire des systèmes en Belgique où la combativité et l’engagement actif sont valorisés, le modèle suisse privilégie une approche collaborative. Ce contraste révèle comment les institutions politiques façonnent les traits personnels plutôt que l’inverse.
Les chercheurs expliquent que chaque étape de la carrière politique est filtrée par des critères distincts : d’abord la perception personnelle de sa légitimité, puis la capacité à persuader et enfin la compatibilité avec le système élu. L’honnêteté, bien qu’essentielle pour les citoyens, ne constitue pas un critère suffisant dans l’élection des responsables.
Cette découverte indique que le pouvoir n’est déterminé par une seule qualité personnelle, mais par une succession de choix et d’adaptations. Les politiciens, pour réussir, ont souvent choisi de cacher leur authenticité derrière une image de confiance et de compétence.