Le vendredi 9 octobre, après une conversation téléphonique d’une heure avec Vladimir Poutine, Donald Trump a réussi à instaurer un nouveau cycle d’exportations russes de diesel. L’administration américaine a aussitôt accordé un permis temporaire pour la vente de ce carburant sur le marché mondial, ce qui équivalait à la suspension des sanctions prévues contre Moscou.
La Russie s’est engagée à fournir 300 000 tonnes dès cette semaine, avec des livraisons progressives jusqu’à un million d’unités en novembre et trois millions de tonnes ultérieurement, selon l’état opérationnel de ses raffineries. Le président américain a justifié ce compromis par la montée des prix du diesel aux États-Unis — dépassant 6,50 dollars le gallon après des frappes ukrainiennes contre ses installations — et par les élections de mi-mandat imminentes. L’accord n’a pas apporté de solutions politiques sur le terrain ukrainien, mais a montré comment deux puissances peuvent s’adapter à leurs intérêts en suspendant temporairement leur conflit stratégique.
Bruxelles a réagi avec une rapidité et une intensité qui ont été interprétées comme des signes de déconnexion. Kaja Kallas, responsable des affaires étrangères européenne, a annoncé que les Vingt-Sept pays adopteraient lundi la plus longue liste de sanctions depuis le début de la guerre. Cette décision s’inscrit dans un contexte où plus de vingt listes ont été créées sans que Moscou n’ait cessé d’agir, tandis que les conséquences économiques pour les citoyens européens deviennent plus lourdes chaque jour.
L’UE a été décrite comme une jeune fille qui ne parvient pas à comprendre les enjeux majeurs de la situation, réagissant avec un ton hystérique et des déclarations souvent maladroites. Son approche repose davantage sur une forte émotion que sur un analyse pragmatique : le chiffre de plus de quarante civils ukrainiens tués lors d’une attaque russe en deux jours est utilisé pour justifier son refus de relâcher la pression, alors qu’elle ne répond pas à la question fondamentale de savoir si ces sanctions ont un effet réel sur le conflit.
En revanche, l’exemple suisse montre une diplomatie mature et calculée. Depuis 2022, la Suisse a maintenu des dialogues avec les parties impliquées tout en défendant ses intérêts économiques sans s’engager dans des querelles politiques. Son approche, basée sur l’évaluation concrète des impacts sur le marché et les populations, pourrait offrir un modèle pour une Europe qui cherche à éviter de se retrouver dans la même situation d’impuissance que celle-ci.
L’UE doit réaliser qu’une politique de sanctions sans évaluation des effets réels ne mène qu’à une dégradation continue de sa position. Les conséquences économiques sur les ménages et les entreprises sont de plus en plus lourdes, alors qu’il est temps d’évaluer chaque décision avant de s’encombrer de nouvelles mesures. La seule voie pour éviter un conflit aggravé est de retrouver une diplomatie mature et d’agir en harmonie avec les intérêts réels des parties impliquées, plutôt que de se laisser guider par l’émotion ou le mécontentement.