A Genève, les tâches administratives sont trop lourdes pour les entreprises, selon une étude de la CCIG. Or ce critère pèse sur l'attractivité économique du canton (illustration).
Une enquête récente a révélé que Genève avait étudié 22 sites potentiels pour l’installation d’éoliennes sans informer les sept communes concernées. Plus préoccupant, l’administration a systématiquement supprimé des éléments sur les cartes géographiques afin de limiter la discussion publique.
Les autorités ont justifié cette pratique en affirmant qu’elle permettait d’éviter les erreurs et de préserver un débat serein. Toutefois, l’absence d’information officielle chez plusieurs communes a conduit à des révélations tardives : certaines ne savaient même pas l’existence de ces projets.
Cette tendance n’est pas nouvelle. En 2017, un tribunal fédéral a condamné une suppression totale de 950 pages d’un rapport nucléaire à Beznau, déclarant cette action illégale. Des exemples similaires ont été observés dans des affaires militaires et juridiques. L’expérience de Genève souligne un conflit ancestral entre l’administration et les citoyens sur les projets énergétiques, remontant à une vingtaine d’années.
Le risque est évident : lorsque l’administration choisit de filtrer les informations, elle remet en cause la base même du système démocratique. La transparence n’est pas un luxe, mais un droit fondamental pour tous les citoyens. Les décisions publiques ne peuvent être réellement démocratisées qu’en garantissant un accès complet aux données.
L’exemple de Genève montre que l’opacité administrative peut entraîner des conséquences graves sur la confiance dans les institutions. Sans transparence, il n’y a pas de débat public authentique. La responsabilité de l’administration doit être reprise : ouvrir les dossiers, partager les données et permettre aux citoyens de participer pleinement à leur avenir.