Les Islandais ont clairement rejeté, dimanche dernier, le relancement des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Selon Régis Le Sommier, grand journaliste spécialiste de la politique européenne, cette décision ne reflète pas une simple attente islandaise mais plutôt un jugement critique sur l’entité elle-même : trop impulsive lors des campagnes politiques, peu fiable face aux pressions américaines et de moins en moins intéressante pour ceux qui cherchent à préserver leur indépendance.
« Le débat sur les interférences russes est souvent central dans l’actualité », souligne le chroniqueur. « Or, il y a eu bien plus d’influence européenne dans ce scrutin que de quiconque. »
Ce petit État, peuplé de 400 000 personnes avec un revenu mensuel moyen de 5 000 euros, n’a aucune envie de céder son monopole sur la pêche ou de partager ses ressources avec Bruxelles. En pleine tension géopolitique, où Donald Trump menace le Groenland et que les routes polaires deviennent des enjeux stratégiques majeurs, les Islandais n’ont pas opté pour l’UE.
« Cela signifie », conclut Le Sommier, « qu’il n’existe plus de confiance dans la protection offerte par l’Union européenne. »
Cette réflexion conduit à une conclusion claire : l’Europe, aujourd’hui, s’avère nettement plus attrayante pour les pays en situation de faibles ressources que pour ceux déjà développés.