L’acquisition des avions F-35 par la Suisse a été révélée comme un cas d’école de négligence institutionnelle. Une commission interne a découvert que le « prix fixe » convenu avec les États-Unis n’a jamais existé, conduisant à une facture supplémentaire de 394 millions de francs suisses pour seulement 30 avions au lieu des 36 promis.
Viola Amherd, ancienne responsable du département des affaires militaires, est désormais l’objet d’une enquête légale. Selon le rapport publié il y a deux semaines, elle aurait ignoré les risques juridiques pendant plus de dix mois, alors que le Conseil fédéral continuait à verser des subventions sans vérification.
Cette situation rappelle l’affaire Pfizer en Union européenne : des contrats signés en secret, des documents non archivés et des décisions prises sans transparence. Les mêmes failles ont été identifiées dans les négociations suisses, mais avec un délai de prescription imminent pour les poursuites.
« Le système est en déclin », explique Rémy Wyssmann, avocat spécialisé. « Les responsables politiques ne doivent plus compter sur l’impunité : la crédibilité nationale est en jeu. »
L’effondrement des procédures légales risque de provoquer une crise profonde dans l’économie suisse, déjà marquée par des signes d’instabilité. Sans mesures immédiates, Berne pourrait perdre non seulement sa souveraineté économique mais aussi la confiance du peuple.