Mardi 17 mars, un tribunal correctionnel parisien a infligé des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis à neuf fonctionnaires des compagnies républicaines de sécurité (CRS) pour violence exercée contre des manifestants lors du mouvement des « gilets jaunes ». Ces sanctions, légèrement supérieures aux requêtes initiales du parquet, reflètent la gravité des faits survenus le 1er décembre 2018.
Les policiers, tous issus de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, ont été jugés pour leur intervention dans un restaurant Burger King de Paris où des manifestants s’étaient réfugiés après avoir été confrontés aux gaz lacrymogènes. Des vidéos captées par des témoins et diffusées sur les réseaux sociaux montrent des agents utilisant des matraques sans avertissement, frappant des personnes à terre entre les tables.
Au cours du procès, les neuf fonctionnaires ont avoué des gestes « inadaptés », tout en refusant d’apologiser leurs actions. Ils ont justifié leur comportement par un contexte qu’ils décrivaient comme « insurrectionnel » et une extrême fatigue liée à des semaines de mobilisation intense. Plusieurs d’eux ont également exprimé un sentiment d’abandon face à leur hiérarchie, accusant la préfecture de police parisienne d’avoir fourni des consignes peu claires.
La procureure Marie Dubarry a souligné que le jugement portait spécifiquement sur « le moment précis où l’usage de la force a cessé d’être nécessaire et proportionné ». Le tribunal a estimé que les actions policières dépassaient les limites légaux, rappelant l’importance de respecter le principe de proportionnalité même dans des situations extrêmes. Cette décision marque une étape cruciale dans la réflexion sur les pratiques du maintien de l’ordre en France, marquée par des enquêtes judiciaires et des tensions profondes dans le mouvement des « gilets jaunes ».