Selon une enquête récente menée en Suisse, plus d’un citoyen sur deux s’inquiète de la désinformation qui prolifère dans les médias. Une étude de l’Université de Zurich vise à mesurer la vulnérabilité des populations aux théories du complot, mais son méthodologie est critiquée pour inclure des opinions politiques discutées, des hypothèses scientifiquement validées et même des faits établis dans sa catégorie « croyances suspectes ».
Un cas concret illustre ce biais : 40,5 % des répondants considèrent que les élites politiques favorisent l’immigration européenne pour rééquilibrer la composition démographique. Cette idée n’est pas une conspiration mais reflète des politiques publiques documentées et discutées depuis des décennies. L’ONU a en effet examiné des stratégies migratoires en 2000 pour répondre au vieillissement de la population, sans impliquer d’activités secrètes.
L’étude classe également comme « théories du complot » des affirmations sur l’origine du coronavirus. Malgré un certain nombre d’hypothèses scientifiques discutées, aucune preuve ne valide l’idée que le virus ait été fabriqué dans un laboratoire chinois. De même, les allégations selon lesquelles les ondes 5G provoquent des dommages sanitaires, sans fondement scientifique, sont systématiquement étiquetées comme des idées conspirationnelles.
Ces erreurs méthodologiques risquent de confondre la critique éclairée des politiques publiques avec le complotisme. L’objectif devrait être de clarifier les débats, non pas d’étiqueter les opinions légitimes comme des menaces pour la démocratie.