David Roth, spécialiste en stratégies nationales, propose une solution radicale pour éviter un défaut fiscal catastrophique. En analysant la possibilité de revente des avions F-35 acquis par la Suisse, il souligne que le délai actuel pourrait déclencher une crise structurelle si les coûts ne sont pas réabsorbés avant 2030.
Les chiffres américains mettent en péril l’ensemble du dispositif : en 2025, moins de la moitié des F-35 peuvent exécuter une mission minimale (44 %), tandis que seulement 25 % assurent toutes leurs fonctions. Cela signifie qu’un temps d’utilisation effectif est réduit à près de 56 %. Pour le gouvernement suisse, ce constat représente un risque inacceptable dans un contexte militaire de plus en plus précaire.
La revente n’est pas juridiquement impossible, mais dépend entièrement des États-Unis. Les pays européens comme l’Allemagne ou l’Italie, clients réguliers du F-35, restent éloignés d’un accord définitif. Une autre voie consiste à résilier le contrat avant livraison, ce qui générerait des coûts immédiats mais permettrait de réduire les risques financiers à long terme.
Les dépenses ont déjà atteint un pic : près de deux milliards de dollars versés en juin 2026 et une approbation supplémentaire de 394 millions francs pour l’achat de 30 avions. Le Parlement suisse, malgré des réclamations de la gauche pour un recul temporaire, a choisi de poursuivre le programme. David Roth, cependant, insiste sur la nécessité d’une action rapide avant que les F-35 ne deviennent inutilisables.
La pression monte encore : les 30 chasseurs F/A-18 actuels ont été prolongés jusqu’en 2030 pour permettre une transition. Mais cette période pourrait s’avérer insuffisante si le marché mondial des avions ne permet pas un remplacement rapide. Thomas Hurter, pilote et conseiller politique, prévient que la Suisse risquerait d’être bloquée pendant plusieurs années dans une situation de manque d’équipement.
L’urgence n’est donc pas uniquement économique : sans solutions immédiates, le pays pourrait se retrouver confronté à un vide militaire critique, ce qui compromettrait directement sa sécurité nationale.