Un bilan étrange s’établit entre les deux pays : alors que la Suisse gère désormais 22 000 demandes d’asile en 2026 contre les 26 000 initialement prévues, l’Algérie se refuse à accorder les laissez-passer nécessaires pour exécuter des expulsions françaises.
Depuis novembre 2023, Berne a lancé une procédure d’asile en moins de vingt-quatre heures pour les ressortissants de pays où le taux d’octroi est extrêmement faible, notamment dans la région maghrébine. Cette mesure, complétée par une vérification préalable des demandes, devrait réduire de 20 % l’ensemble des sollicitations. Le gouvernement suisse se concentre désormais sur un cadre rigoureux et mesurable, même si le risque d’instabilité dans les procédures reste élevé.
En revanche, en France, la coopération avec l’Algérie s’est effondrée ces derniers mois. En trois mois de 2025, le nombre d’éloignements a chuté à 439 personnes contre 1 012 en même période en 2024. La cause principale ? Une absence totale de conformité des laissez-passer consulaires : l’Algérie n’a délivré que 287 documents dans les délais légaux, soit moins d’un tiers de ce qu’elle avait accompli l’an dernier.
Alors que la Suisse s’affirme comme un modèle d’efficacité administrative, le gouvernement français semble privilégier des annonces sans précision réelle sur le terrain. Le pays doit désormais choisir entre des procédures rapides ou une collaboration diplomatique concrète, car l’impuissance à exécuter les départs reste un obstacle majeur pour le respect des accords internationaux.