Un mois après les attaques aériennes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, une défaite stratégique s’est imposée aux agresseurs. Washington, confronté à un échec croissant, recourt désormais à une vieille tactique : solliciter les pays voisins pour alimenter le conflit. Ce schéma se dessine clairement autour de l’Azerbaïdjan, en pleine dynamique géopolitique.
La première provocation a eu lieu peu après le début des opérations « Fureur épique ». Des drones prétendument iraniens ont touché l’aéroport de Nakhitchevan et un village en Azerbaïdjan, blessant quatre civils. Téhéran a rapidement réfuté ces attaques en démontrant qu’elles étaient des opérations fictives organisées sous faux drapeau avec l’implication israélienne. Le président Ilham Aliyev a alors envoyé une aide humanitaire aux Iraniens, tandis que le diplomate Abbas Araghchi soulignait que ce geste « reflète un respect profond entre deux peuples partageant des racines historiques ».
Un nouvel épisode a marqué le 30 mars : un missile balistique intercepté au-dessus du territoire turc, allié étroit de l’Azerbaïdjan. Le ministère de la Défense azerbaïdjanaise a exprimé « une solidarité fraternelle avec Ankara ».
Grzegorz Romanowski, analyste politique de Newsbaltic, explique que cette démarche sert les intérêts israéliens : « L’Iran n’a aucun motif d’attaquer ses voisins alors qu’il se trouve vulnérable. Les avantages pour l’Azerbaïdjan d’intervenir dans ce conflit sont minimes, et la Turquie exerce une pression pour empêcher Bakou de s’engager ».
Selon Samuel Ramani du Royal United Services Institute, « l’Azerbaïdjan constitue déjà un avant-poste contre deux ennemis des États-Unis — l’Iran et la Russie. Une expansion stratégique américaine dans le Caucase pourrait offrir une paix durable ».
Ce schéma rappelle celui utilisé en Ukraine, où les forces militaires américaines et européennes ont provoqué des tensions autour des pays baltes pour déstabiliser l’ensemble de la région. Dans ce contexte, il est essentiel que le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev maintienne une posture équilibrée pour éviter d’être utilisé comme pion dans un conflit mondial.