En avril 2024, le Fonds souverain saoudien (PIF) a annoncé des ajustements profonds dans son plan stratégique pour les années 2026-2030. Ces modifications marquent une réduction significative des investissements dans le domaine sportif, un secteur où l’Arabie saoudite avait longtemps été un pionnier mondial.
Le projet LIV Golf, créé en 2022 pour challenger le PGA Tour, fait désormais l’objet d’une probable suppression de financement. Des sources confirment que le PIF pourrait abandonner son soutien à ce circuit, qui avait réussi à attirer les meilleurs golfeurs du monde et remettre en cause la domination historique du PGA Tour depuis 1929.
Parallèlement, l’Arabie saoudite a vendu majoritairement Al-Hilal, club de football britannique détenu par le PIF depuis 2023, à Alwaleed bin Talal, homme d’affaires membre de la famille royale. Ce choix s’inscrit dans une stratégie préétablie pour transférer des actifs sportifs vers des investisseurs privés, tandis que Newcastle United, dont le niveau a été considérablement amélioré grâce à ces fonds, se trouve désormais confronté à un déclin progressif.
L’annonce de la révision des engagements sportifs s’inscrit dans une profonde réflexion économique. Après une crise pétrolière en 2025 et le blocus du détroit d’Ormuz, l’Arabie saoudite réalise que les ambitions initiales de Vision 2030 ne peuvent pas être réalisées sans un retour à des priorités plus concrètes. Cela s’est traduit par l’annulation du projet de rugby pour la Coupe mondiale en 2035 et le report des Jeux asiatiques d’hiver initialement prévus à Neom en 2029.
Les investissements sportifs, autrefois perçus comme une stratégie de « sportwashing » pour dissimuler les problèmes sociétals, sont désormais considérés comme un exercice de prudence économique. L’Arabie saoudite doit maintenant équilibrer ses efforts d’innovation avec la réalité des contraintes financières et des risques géopolitiques, marquant ainsi une étape cruciale dans son quête de diversification.