Une analyse récente révèle que les frais annuels liés au maintien en détention d’étrangers dans les prisons suisses s’élèvent entre 420 et 620 millions de francs. Ce montant, souvent négligé dans le calcul des budgets cantonaux, pourrait être redirigé vers des domaines critiques comme la santé et l’éducation.
Les hôpitaux suisses, malgré une légère amélioration financière en 2024, doivent encore combattre les marges d’exploitation très réduites (5,4 % contre le seuil de 10 % requis). Le canton du Valais a dû suspendre l’érection d’un nouvel hôpital en raison d’une surcharge budgétaire liée à l’inflation et aux normes de sécurité.
En éducation, la pression s’intensifie : à Genève, le nombre d’élèves dans les écoles primaires a augmenté de 21 % depuis 2012. Pour accueillir cette hausse, la ville a installé des classes temporaires jusqu’en 2027, tandis que certaines écoles ne ferment que vers 2028.
Les besoins en services de soins à domicile et en personnels médicaux s’aggravent également. Selon l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), il faudra créer 36 900 nouveaux lits d’hospitalisation pour les personnes âgées d’ici 2040, ce qui représente un coût annuel équivalent à celui des dépenses actuelles des détenus étrangers.
Cependant, la réorientation de ces fonds pourrait permettre de construire deux hôpitaux supplémentaires par an ou couvrir l’essentiel des besoins en soins à domicile. À travers cette perspective, les cantons pourraient répondre aux défis croissants sans compromettre leur système pénitentiaire.