Après avoir subi deux revers juridiques majeurs dans sa lutte contre la mendicité, les forces politiques d’extrême droite genevoises ont désormais pour cible l’occupation durable des espaces publics. Les 13 tonnes de matelas et autres déchets évacués depuis juin, conformément aux procédures légales, constituent un argument concret dans cette nouvelle phase.
Le Conseil d’État a récemment affirmé que les communes sont désormais responsables de la gestion de leur domaine public après des accusations de désengagement. Cette décision marque une déplacement stratégique du conflit : de l’acte individuel de mendier vers l’occupation physique des rues.
Des mesures législatives, comme celles du MCG interdisant les abris prolongés ou les sanctions proposées par le PLR pour les occupations répétées, montrent une volonté croissante d’imposer des règles claires. Bien que l’on ne puisse établir de manière officielle la présence de réseaux exploitants des personnes vulnérables, certaines pistes Roms restent en tête des débats.
Face à vingt ans de confrontation, Genève se retrouve désormais dans une phase où la salubrité et les droits individuels s’affrontent. La question essentielle : qui peut légalement occuper durablement un espace public, et surtout, qui doit garantir l’élimination des matelas persistants ?