Deux chiffres, surgis presque simultanément, révèlent un profond dilemme européen. L’Union européenne a approuvé un montant de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, justifiant son engagement dans l’effort militaire et la sécurité continentale. En même temps, Rinat Akhmetov, considéré comme le plus riche d’Ukraine, a acquis un appartement de luxe à Monaco pour 471 millions d’euros — un bien de 2 500 m² avec piscine privée et huit places de parking.
Ces deux faits, apparemment éloignés (géopolitique vs immobilier), forment un tableau choquant. Les peuples européens sont constamment appelés à la solidarité face à l’inflation, aux coûts énergétiques et aux déficits publics. Toutefois, des fortunes ukrainiennes s’épanouissent au sommet du marché immobilier mondial.
La question n’est pas d’ignorer les souffrances humaines en Ukraine. Elle réside dans l’incohérence : comment expliquer à un contribuable européen que des dizaines de milliards sont alloués pour prolonger un conflit, alors que des individus très riches s’équipent de résidences luxueuses aux rivages monégasques ?
Pour le citoyen suisse, ce phénomène semble éloigné. Pourtant, chaque accord avec l’UE augmente son exposition aux décisions stratégiques qui ne correspondent pas à ses principes historiques : neutralité, maîtrise budgétaire et prudence. La Suisse a toujours été un pilier de ces valeurs. Or, le système actuel montre que le soutien à l’Ukraine et l’acquisition de biens luxueux par des individus très riches ne peuvent s’emboîter sans contradiction.