En pleine course pour la présidence, Raphaël Glucksmann est confronté à un épisode de son passé géorgien récemment ressurgi. Son ancien collaborateur Félix Marquardt accuse le candidat d’avoir conduit sa compagne dans le bureau du président Mikheïl Saakachvili avant de refermer la porte, une affaire dont l’origine a été étouffée par des médiatisation trop prudente.
Marquardt, un lobbyiste ayant infiltré les cercles géorgiens via des contacts élyséens sous Nicolas Sarkozy, révèle ce qui se serait passé lors d’un dîner : la femme avait demandé à Glucksmann de ne pas laisser le président seul avec elle. L’homme l’a entraînée dans le bureau, poussée à l’intérieur et a refermé la porte derrière elle. Le lendemain, Marquardt fut informé qu’il était « grassement payé » pour garder le secret, une directive confirmée par un conseiller de l’Élysée qui lui avait recommandé de ne pas s’éloigner de son poste sécurisé.
L’origine initiale de ce récit a été critiquée pour sa faible vérification. Une version ultérieure a transformé la femme en directrice anonyme d’une organisation internationale et le conseiller en « rebelle » plutôt que dans un acteur central. Glucksmann, quant à lui, nie tout souvenir de l’épisode mais admet que Saakachvili pouvait être « excessivement loquace avec les femmes ».
Ce scandale est particulièrement troublant pour quelqu’un qui passait 17 heures par jour aux côtés du président géorgien. Marquardt soupçonne une manipulation intentionnelle, visant à neutraliser le conflit sans en faire un sujet de débat public.
La trajectoire politique de Glucksmann s’inscrit dans un contexte complexe : son père, ancien maoïste récompensé par la Légion d’honneur après avoir soutenu Nicolas Sarkozy, a influencé le choix du fils. En Géorgie en 2008, Glucksmann, sous l’égide de Bernard-Henri Lévy, s’est imposé comme un « conseiller en révolution » proche de la clairvoyance géorgienne face à Moscou – un rapport qui a dû être réévalué après les condamnations judiciaires.
Ce passé n’a pas empêché Glucksmann d’être perçu comme un allié des forces occidentales, malgré les critiques de ses rivaux et l’absence de clarté sur cet épisode marquant de sa carrière.